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De terra Nullius à Terra touristica


Pauline Daniel

"De terra Nullius à Terra touristica" - Australie, décembre 2002 - février 2003 Textes de Nelly Reffet Quel avenir pour le peuple et la culture aborigène ? Déclarés membres de la faune et de la flore à l'arrivée des colons en 1826, les Aborigènes ont été privés de leurs terres, de leurs droits et de leur culture. De 1900 à 1970 plus de 150 000 enfants métisses ont été arrachés à leurs familles et déportés dans des institutions anglaises afin de faciliter leur assimilation. Citoyens et humains depuis 1967, beaucoup de ces "générations volées" recherchent aujourd'hui leurs racines et réapprennent leur culture. Avec un taux de chômage de plus de 80 % et une population très fortement touchée par les problèmes d'alcoolisme et de malnutrition, l'espérance de vie aborigène est de 25 ans inférieure à celle de n'importe quel Australien. Perdus dans un monde et une culture dont ils ne connaissent ni les codes ni les valeurs, la situation du peuple aborigène est toujours incertaine. L'utilisation, parfois abusive, de leur culture par l'industrie touristique devient alors très souvent leur unique opportunité d'insertion et pose la question du glissement entre l'art et le folklore, et de son degré d'authenticité.


 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0077894

Emblème du désertique "Outback" à travers le monde, Ayers Rock, qui a retrouvé son nom aborigène Uluru dans les années 1980, est le site australien le plus visité, mais aussi un lieu éminemment sacré pour les Aborigènes.

Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074863

Le coucher de soleil sur le site d'Ayers Rock est le moment phare de l’excursion pour les tours operator. Les visiteurs enchantés assistent à ce spectacle naturel, une coupe de champagne à la main.

Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0075049

La compagnie de danse aborigène "Descendance" donne deux spectacles quotidiens à l'arrière d'un gigantesque complexe hôtelier de la très touristique Alice Spring. Une scène de sable rouge, entourée de branches d'eucalyptus, plante le décor pour rejouer scènes rituelles et danses traditionnelles. Les danseurs donnent des informations sur leur culture et font intervenir le public au moment de "Sassa", un exercice ludique visant traditionnellement à enseigner aux enfants le sens du rythme et de la coordination. Le touriste, ainsi impliqué est ravi.

Alice Spring, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074886

Wayne, à 18 ans, vient tout juste d'être embauché par la compagnie de danse aborigène "Descendance". Pour lui, c'est l'opportunité inespérée de sortir de la violence quotidienne et de la "défonce", et se fabriquer un avenir. C'est aussi un moyen de réapprendre les traditions que tout son entourage a oublié.

Alice Springs, Australie - 00/12/2002

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074868

La compagnie de danse aborigène "Descendance" donne deux spectacles quotidiens à l'arrière d'un gigantesque complexe hôtelier de la très touristique Alice Spring. Une scène de sable rouge, entourée de branches d'eucalyptus, plante le décor pour rejouer scènes rituelles et danses traditionnelles.

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074864

Touristes devant la représentation de danse traditionnelle aborigène de la compagnie "Descendance". Le développement des spectacles destinés aux touristes permet à certains Aborigènes de réapprendre les rites et traditions que tout leur entourage a oublié.

Alice Spring, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074883

A la fin d’une représentation de la compagnie de danse “Descendance”, les touristes sont invités à rejoindre les danseurs sur scène afin de se faire photographier au sein du groupe de gentils sauvages.

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074874

Avant chaque représentation les danseurs de la compagnie "Descendance" se peignent le corps. Chaque peinture corporelle représente le totem de celui qui la porte. Le développement des spectacles destinés aux touristes permet à certains Aborigènes de réapprendre les rites et traditions que tout leur entourage a oublié.

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0075047

La compagnie du Yirra Yaakin Noongar Theatre majoritairement aborigène prône le multiculturalisme au sein même de ses création. Dans les coulisses, avant le spectacle, les comédiens offrent l'image de l'aborigène traditionnel aux photographes qui le leurs demandent.

Perth, Australie - 00/01/2003

Autorisation orale des personnes uniquement

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0075048

La compagnie du Yirra Yaakin Noongar Theatre majoritairement aborigène prône le multiculturalisme au sein même de ses création. Dans les coulisses, avant le spectacle, les comédiens offrent l'image de l'aborigène traditionnel aux photographes qui le leurs demandent.

Perth, Australie - 00/01/2003

Autorisation orale des personnes uniquement

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074876

A l'arrière d'une galerie d'art aborigène d'Alice springs, Margaret dessine sur toile un "Women business", ou histoire de femmes traditionneles de son peuple. A la touristique Alice Springs, où le chômage concerne une écrasante majorité d'Aborigènes, la vente de peintures est très souvent leur unique et modique source de revenus. A l’instar de l’Art Primitif, auquel le marché s’intéresse de façon croissante, l'art aborigène fait l'objet de spéculations grandissantes. Cependant, l’artiste perçoit en moyenne 5 à 10% du prix de vente d’une toile, et, en 2003, seule une galerie spécialisée était entièrement gérée par des Aborigènes.

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074869

A l’instar de l’Art Primitif, auquel le marché s’intéresse de façon croissante, l'art aborigène fait l'objet de spéculations grandissantes. Cependant, l’artiste perçoit en moyenne 5 à 10% du prix de vente d’une toile, et, en 2003, seule une galerie spécialisée était entièrement gérée par des Aborigènes. Etage de l'art aborigène du musée de Sydney, collégiennes devant une toile.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074859

La demande des touristes concernant la culture Aborigène se retrouve aussi dans les musées par le biais d’initiation au didgeridoo.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074866

Le didgeridoo, instrument de musique traditionnellement utilisé dans les cérémonies religieuses, est devenu l’objet souvenir le plus exporté par des touristes à la recherche de folklore. Au coeur de la zone de loisirs de Darling Harbour, l'Outback Centre se veut une porte sur les terres sauvages du pays : chapeaux typiques de l'aventurier australien, bourses en testicules de kangourou, livres sur l'histoire et les peuples australiens, sans oublier l'étalage de disgeridoo bien souvent "made in Taiwan".

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074865

Avec un taux de chômage touchant 80 % de la population Aborigène, la mendicité est souvent leur seul moyen de survie. Le didgeridoo, instrument de musique traditionnellement utilisé dans les cérémonies religieuses, est devenu l’objet souvenir le plus exporté par des touristes à la recherche de folklore.

Adelaïde, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074870

Femme aborigène errant dans les rues d'Alice Springs. Avec un taux de chômage touchant 80 % de la population Aborigène, la mendicité est souvent leur unique moyen de survie.

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074872

Aborigène hospitalisé pour des problèmes cardio-vasculaires. L'espérance de vie des aborigènes est de 25 ans inférieur à la moyenne nationale.

Perth, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074858

Fresque relatant de la présence du peuple aborigène depuis 40 000 ans sur la terre d'Australie. Ghetto aborigène de Redfern.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074885

Le ghetto de Redfern, à quelques centaines de mètres du Sydney des Affaires, regroupe la majorité de la population aborigène, souvent désoeuvrée, de la ville. Mavis denis, Coroline street.

Sydney, Australie - 00/02/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074879

Créée par Tony Mundine, boxeur aborigène de renom, la salle de boxe de Redfern attire les jeunes Aborigènes de tout Sydney. Comme leur idole, beaucoup d'entre eux voient leur salut dans le sport et la gloire. Dans l'escalier qui monte à la salle d'entrainement, une fresque peinte représente un homme noir portant l'insigne "pouvoir" à sa ceinture.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074861

Créée par Tony Mundine, boxeur aborigène de renom, la salle de boxe de Redfern attire les jeunes Aborigènes de tout Sydney. Comme leur idole, beaucoup d'entre eux voient leur salut dans le sport et la gloire.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074867

Le drapeau aborigène (noir pour la couleur de la peau, rouge pour la terre et jaune pour le soleil) peint sur un mur du ghetto aborigène de Redfern.

Sydney, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074887

Alors que l'Australie célèbre la fête nationale ("Australian day"), date anniversaire de l'arrivée des colons, les communautés aborigènes urbaines se réunissent, elles, pour le "Invasion day", ou le jour de l'invasion.

Perth, Australie - 26/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074875

Clarrie Frederiks Yaluritja Isaacs est un activiste non gouvernemental. Très engagé dans la lutte aborigène, il économise pour parcouir le monde au grè de conférences internationales sur la reconnaissance des peuples indigènes. Alors que l'Australie célèbre la fête nationale ("Australian day"), date anniversaire de l'arrivée des colons, les communautés aborigènes urbaines se réunissent, elles, pour le "Invasion day", ou le jour de l'invasion.

Perth, Australie - 26/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074878

Dans les omniprésentes boutiques à souvenirs d'Alice Springs, les étagères présentent, juxtaposées, bourses en peau de testicules de kangourou, koalas en peluche et poupées "indigènes"

Alice Springs, Australie - 00/01/2003

 

Pauline Daniel / Picturetank DAP0074873

Durant la colonisation, l'alcool était ouvertement donné aux Aborigènes pour les asservir. Aujourd'hui, si, par mesure sanitaire, certaines villes en interdisent la vente aux Aborigènes, 57 % d'entre eux âgés de plus de 13 ans se déclarent directement touchés par l'alcool. Julie et sa fille dans les rues du ghetto de Redfern.

Sydney, Australie - 00/01/2003



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