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MADAGASCAR, route des huiles essentielles


rita Scaglia

Sur la route des huiles essentielles Chapo. Un nouveau tourisme apparaît sur la Grande Ile : celui du bien-être. Son atout ? Les huiles essentielles, parmi les meilleures du monde. Venez apprendre les vertus du ravintsara, du katrafay, découvrir les plantes aromatiques …et vous faire masser. Vingt petites minutes. C’est le temps nécessaire à une huile essentielle de qualité, appliquée sur la plante des pieds, pour remonter jusqu’aux papilles du goût, sur la langue. Grâce à son pouvoir de pénétration extraordinaire, elle franchit vite la peau, pour atteindre le sang et, par lui, remonter jusqu’à la langue, comme elle pourrait atteindre un autre organe que l’on souhaiterait viser, avant de s’éliminer totalement dans l’organisme. Un vrai miracle ! Second miracle : l’extraordinaire santé de la nature malgache permet de concevoir parmi les meilleures huiles essentielles du monde. Il faut dire que le mot « biodiversité », né aux Etats-Unis, en 1986, semble avoir été créé pour Madagascar. La Grande Ile offre une large diversité de toutes les formes du vivant : micro-organismes, végétaux, animaux. 12000 espèces végétales, soit 3% de celles de la planète entière, ont trouvé à s’épanouir sur l’ « Ile aux cinq continents » ! Beaucoup sont endémiques. Elles n’existent qu’à Madagascar. De cette formidable richesse, les Malgaches ont su extraire une autre richesse, non moins formidable : les huiles essentielles. Depuis quinze ans, des producteurs récoltent la substantifique moelle de nombre de ces végétaux : leurs arômes. Une fois recueillis dans des flacons, ces concentrés de nature pourront guérir ceux qui les utiliseront de bien des maux : stress, verrues, insomnies, affections des sinus, des oreilles et du larynx, rhumatismes, états grippaux, impuissance, douleurs d’estomac, et tant d’autres. Sur quoi s’appuie cette médecine, appelée aromathérapie ? Ici, sur la Grande Ile, le choix de telle plante pour guérir telle maladie est le fruit d’une longue tradition, vivace encore aujourd’hui. Au fil des siècles, les Malgaches ont appris à connaître les principes actifs contenus dans les nombreuses plantes que la nature leur offre. Et chacun est familier des « tambavy », ces tisanes naturelles aux multiples vertus. Sauf que les bienfaits de ces remèdes, qu’on prenait dans une démarche où se mélangeaient parfois religion, magie et médecine, ont été démontrés de façon scientifique, il y a peu, par des études portant sur la composition chimique de ces végétaux. Or les huiles essentielles, en concentrant ces principes actifs des végétaux, renforcent le pouvoir de ceux-ci. Mais qu’est-ce, exactement, qu’une huile essentielle ? On peut la définir comme une puissante substance aromatique, de composition complexe, qui renferme des éléments volatils et odorants, contenus dans les végétaux. Ce sont ces éléments qui aident à la guérison de nombreuses maladies. Comment obtient-on cette substance aromatique ? Le plus souvent, par distillation à la vapeur d’eau à basse température et basse pression. Cette technique permet d’extraire de la plante la plupart des principes actifs. Avant distillation, ceux-ci se nomment essence. Après, on parle d’huile essentielle. Seuls 10% des végétaux produisent une essence. Et si celle-ci, quand elle est présente, se trouve dans toute la plante, elle se concentre surtout dans un seul organe : racine, rhizome, bois, écorce, feuille, tige, fleur, sommité fleurie, graine ou fruit. C’est cet organe qu’on récolte pour obtenir l’huile essentielle. On distille donc les fleurs d’ylang-ylang, l’écorce de cannelle, les feuilles de niaouli ou les racines de vétiver. Attention, la composition de l’essence d’une plante diffère légèrement de celle de l’huile essentielle de cette même plante, car la distillation ne parvient pas à tout extraire du végétal. L’huile essentielle de menthe est facile à obtenir parce qu’on part des feuilles. Un feu doux légèrement irrégulier suffit. Mais des coups de chaleur un peu plus forts seront nécessaires pour parvenir à casser la structure d’une écorce et à en dégager ses plus grosses molécules aromatiques. Et encore, la plante ne libérera qu’une partie de celles-ci. » L’huile essentielle des Citrus (orange, bergamote, citron, mandarine) s’obtient, elle, par expression à température ambiante de l’épicarpe, la peau extérieure des fruits. Madagascar, tout au long de la production des huiles essentielles, accumule les atouts. D’abord, la rareté de certains végétaux. Le katrafay, extraordinaire antalgique, ne pousse que sur la Grande Ile. La qualité des végétaux importe aussi. Un ravintsara d’Inde a moins de principes actifs qu’un ravintsara d’ici. Autre atout, l’environnement. « Les terroirs exceptionnellement riches et divers de cette île ne connaissent pas de pollution comme dans les pays industrialisés, fait remarquer le cardiologue Lionnel Michat, dont les huiles essentielles malgaches sont commercialisées en Europe sous la marque « Les Aromagies ». Et les producteurs n’utilisent pas non plus d’engrais chimiques. Tout cela renforce les propriétés des végétaux100% naturels. » Le soin apporté à la culture des plantes compte aussi pour beaucoup. Quand, ailleurs, on aligne des arbres d’une seule espèce dans un champs, à Madagascar, on garde un environnement sauvage, où le ravintsara voisine avec l’eucalyptus globulus mais aussi avec des plantes et arbres non aromatiques. « Cet environnement sauvage est garant de la qualité du terroir, explique Jean-Claude Ratsimivony, le PDG d’Homéopharma, laboratoire connu pour ses huiles essentielles de grande qualité. Sinon, on perd la synergie entre les espèces. Or les plantes ont besoin de s’exhaler et de se ressentir. » Il faut écouter ce petit-fils de docteur en médecine, dépositaire des remèdes recueillis par son aïeul chez les guérisseurs, vous parler des plantes, de leur sensibilité, de leur stress avant un ouragan. Le temps de repos, qui permet à la plante de se régénérer entre les cueillettes, est aussi respecté. Il peut atteindre quatre ans suivant les espèces ! La récolte des organes végétaux se fait, elle, dans des sacs en jute ou en coton pour éviter toute macération. Un séchage partiel est nécessaire en cas de pluie afin de faire baisser la quantité d’eau contenue dans la plante. Et là, on ne fera sécher qu’un seul type de plante à la fois, pour éviter toute contamination et garantir les propriétés chimiques. Bref, les plantes sont traitées à la hauteur du trésor qu’elles constituent. Et ce n’est pas fini ! Leur distillation au feu de bois, la plupart du temps, constitue l’autre grande valeur ajoutée des huiles essentielles malgaches. Dans d’autres pays, on se contente de la chaleur très régulière du gaz. Or le feu de bois permet une variation de la température et conduit, on l’a vu, à une extraction plus complète. Car certains éléments de la plante, les grosses molécules, ne s’extraient pas avec une température constante comme celle du gaz. Pour se convaincre de l’importance de cette opération, il suffit d’observer les techniciens de la distillerie d’Homéopharma, à Ambile, sur le canal des Pangalanes. Les voilà qui s’affairent à rajouter des brandons au feu de distillation, puis à en retirer, pour provoquer cette courbe de la température tant désirée. Il faut d’autant moins gâcher le produit que les huiles essentielles sont un produit de luxe : elles nécessitent beaucoup de matière première. 390 kilos de fleurs de niaouli donnent seulement 2,2 litres d’huile ! A chaque région de la Grande Ile, ses huiles essentielles. Les hauts plateaux du centre, mosaïque de montagnes, de cuvettes, de plaines et de collines, fournissent celles de thym, d’eucalyptus, de cyprès, d’hélichryse, de géranium, de citronnelle, de basilic, de citriodora et de ravintsara. Dans l’Est du pays, que le déluge des alizés arrose régulièrement, poussent la girofle, le poivre, la cannelle, le lantana, le niaouli, le vétiver, le gingembre, la citronnelle, encore, et les baies roses. Sur les terres plus arides de l’Ouest, jusqu’au Sud, on récolte le combavas, le citron, le cinnamomum fragrens, ou mandravasarotra, et le santal. Le Nord, quant à lui, du côté d’Antsiranana et de la Montagne d’Ambre, regorge de plantes odorantes, comme l’ylang-ylang, le patchouli, le géranium, le basilic et le poivre vert. Cette profusion est d’autant plus précieuse qu’on a le choix entre des huiles unitaires et des complexes, ou mélanges, d’huiles unitaires. Ces mélanges d’huiles unitaires potentialisent les propriétés de chacune d’entre elles. Attention, jamais plus de quatre huiles cependant, au-delà, elles se neutralisent. Madagascar, écrin pour les huiles essentielles : c’est aussi vrai en dehors de la production proprement dite. Tout contribue, ici, au développement de ces remèdes. D’abord, parce que la culture des plantes nécessaires à ces huiles s’inscrit dans le cadre du reboisement de la forêt malgache. Quitte à reboiser, autant choisir des plantes odorantes. Et, autre avantage, le réservoir malgache de végétaux odoriférants est si vaste qu’on n’en connaît pas encore toutes les espèces ni, donc, tous les bénéfices qu’on pourra en retirer. La voie est libre pour la recherche, nationale et internationale. Enfin, ces huiles épousent un autre pan de la culture de la Grande Ile : le massage. Pas de chichis dans ces massages. A l’heure où l’on voit se développer toutes sortes de thérapies corporelles qui rivalisent d’exotisme et de snobisme, les Malgaches proposent un massage classique, le palper-rouler, énergique et doux, dont les effets sont accrus par les huiles de massage composées à 10% d’huiles essentielles. Il va sans dire que ce palper-rouler sera d’autant plus bénéfique que l’échange entre la personne massée et le masseur sera riche. Transmettre un massage est tout un art. Le recevoir aussi. On l’oublie souvent. Qu’ont-elles à donner, ces mains qui vous oignent d’huiles essentielles ? L’art de vivre malgache. Cette façon de considérer la vie avec calme et sérénité, appelée mora-mora. C’est, sans oublier le sourire des gens d’ici, la première source de bien-être de Madagascar. Encadré Dans les écolodges d’Homéopharma Homéopharma, laboratoire pharmaceutique agréé par le ministère de la Santé, se lance dans l’hôtellerie et propose des séjours de remise en forme en écolodges, avec découverte des terroirs malgaches fournisseurs d’huiles essentielles. Outre sa production de tisanes, de médicaments homéopathiques, de baumes et de produits de beauté, Homéopharma est aussi connu pour ses huiles essentielles d’excellente qualité, 100% pures et naturelles, certifiées biologiques par le très exigent organisme Ecocert. Il se propose donc de les faire découvrir dans des cadres naturels somptueux. Deux écolodges vous attendent, l’un sur la côte Ouest, à Mahajanga, et l’autre à Ambila, sur le canal des Pangalanes. Un troisième est en construction dans les environs d’Antananarivo. Le principe ? Une découverte in situ des plantes médicinales et aromatiques, et l’expérimentation, sur soi-même, de leurs bienfaits. Des randonnées pédestres dans les campagnes environnantes, encadrées par des botanistes, vous aideront à mieux connaître la richesse des végétaux. Dans les écolodges, vous serez ensuite massé aux huiles essentielles, vous profiterez aussi des bienfaits des plantes en infusion, en cataplasme et en balnéothérapie. Ajoutez-y une cuisine on ne peut plus diététique – les somptueuses langoustes sont achetées aux pêcheurs directement sur la plage – et vous devriez revenir en grande forme de ce séjour. Un dernier atout de ces vacances de bien-être : le cadre. A Mahajunga, le bungalow est soit à deux cents mètres du rivage, sur un promontoire avec une vue superbe sur la campagne environnante, soit sur la plage même. A Ambila, l’ancienne Saint-Tropez des colons, vous aurez le choix pour vous baigner entre l’eau douce du canal des Pangalanes et l’Océan Indien, dont les vagues vous masseront à leur façon. Pour tout renseignement : homeo@homeopharma.mg Tel : (261) 20 22 269 34. Guide pratique Profiter d’un massage aux huiles essentielles Antananarivo Hôtel Colbert. Dans son luxueux spa, le Colbert propose des massages aux huiles essentielles Terre Rouge. Au choix : relaxant, tonifiant, régénérant, énergisant, yin et yang, amincissant, anti-cellulite, anti-rhumatismal, turc. www.colbert-hotel.com Tel : (261) 20 22 625 71. Nosy Be Amarina Hôtel. Ce quatre étoiles a mis au point une formule spéciale pour les amoureux en lune de miel (diététique, massages) ! Autre service sympathique de l’hôtel : les femmes de chambre de l’hôtel ont été formées pour prodiguer, sur la plage, des massages relaxants aux clients. www.amarinahotel.com Tel : (261) 20 86 06 115. Nosy Be Hôtel. Le kiosque de massage est niché en pleine nature. Les effluves de frangipanier et d’ylang-ylang viennent vous enivrer de tous côtés. Vous avez le choix entre la réflexothérapie (massage des zones réflexes de la plante des pieds) et une séance d’ostéopathie. Devise de la maison : « Nous ne pouvons pas rajouter de jours à votre vie, mais nous pouvons rajouter de la vie à vos jours. » www.nosybehotel.com Tel : (261) 20 86 06 151 Et, bien sûr, les écolodges d’Homéopharma. Mais si vous vous trouvez dans une autre ville que celles citées ci-dessus, renseignez-vous pour savoir s’il y a une pharmacie-centre de santé Homéopharma. La plupart de ces centres proposent des massages aux huiles essentielles à prix modique. Se relaxer au milieu de la nature Parce qu’on peut profiter des bienfaits de la nature par un simple séjour en immersion au milieu des végétaux, voici deux lieux qui vous y aideront bien. Nature Lodge. Situé à Joffreville, dans la Montagne d’Ambre, à mi-chemin entre Antsiranana (Diego-Suarez) et le Parc national, cet hôtel offre une vue magnifique sur toute la baie de Diego et sur le canal du Mozambique. Mais, surtout, ses bungalows tout confort en bois, bambou et raphia, vous permettent de séjourner en pleine forêt et d’entendre les murmures, les chants et les cris des animaux depuis votre lit. Fascinant. www.naturelodge-ambre.com Tel : (261) 32 07 123 06. Soa Camp Sur le domaine de la Croix Vallon, 2500 hectares, à moins de deux heures d’Antananarivo, le voyagiste Boogie Pilgrim a conçu un camp de toile, en partenariat avec les propriétaires du domaine et l’ONG Fanamby pour la pratique de l’écotourisme. Au programme : visite des lieux de production d’huiles essentielles, balades dans l’un des derniers vestiges de forêt primaire des Hauts Plateaux, observation des oiseaux (82 espèces, dont 43 endémiques) et des lémuriens. www.boogie-pilgrim.net/anjozorobe.htm ou www.fanamby.org Tel : (261) 22 530 70. Sur la route des huiles essentielles Chapo. Un nouveau tourisme apparaît sur la Grande Ile : celui du bien-être. Son atout ? Les huiles essentielles, parmi les meilleures du monde. Venez apprendre les vertus du ravintsara, du katrafay, découvrir les plantes aromatiques …et vous faire masser. Vingt petites minutes. C’est le temps nécessaire à une huile essentielle de qualité, appliquée sur la plante des pieds, pour remonter jusqu’aux papilles du goût, sur la langue. Grâce à son pouvoir de pénétration extraordinaire, elle franchit vite la peau, pour atteindre le sang et, par lui, remonter jusqu’à la langue, comme elle pourrait atteindre un autre organe que l’on souhaiterait viser, avant de s’éliminer totalement dans l’organisme. Un vrai miracle ! Second miracle : l’extraordinaire santé de la nature malgache permet de concevoir parmi les meilleures huiles essentielles du monde. Il faut dire que le mot « biodiversité », né aux Etats-Unis, en 1986, semble avoir été créé pour Madagascar. La Grande Ile offre une large diversité de toutes les formes du vivant : micro-organismes, végétaux, animaux. 12000 espèces végétales, soit 3% de celles de la planète entière, ont trouvé à s’épanouir sur l’ « Ile aux cinq continents » ! Beaucoup sont endémiques. Elles n’existent qu’à Madagascar. De cette formidable richesse, les Malgaches ont su extraire une autre richesse, non moins formidable : les huiles essentielles. Depuis quinze ans, des producteurs récoltent la substantifique moelle de nombre de ces végétaux : leurs arômes. Une fois recueillis dans des flacons, ces concentrés de nature pourront guérir ceux qui les utiliseront de bien des maux : stress, verrues, insomnies, affections des sinus, des oreilles et du larynx, rhumatismes, états grippaux, impuissance, douleurs d’estomac, et tant d’autres. Sur quoi s’appuie cette médecine, appelée aromathérapie ? Ici, sur la Grande Ile, le choix de telle plante pour guérir telle maladie est le fruit d’une longue tradition, vivace encore aujourd’hui. Au fil des siècles, les Malgaches ont appris à connaître les principes actifs contenus dans les nombreuses plantes que la nature leur offre. Et chacun est familier des « tambavy », ces tisanes naturelles aux multiples vertus. Sauf que les bienfaits de ces remèdes, qu’on prenait dans une démarche où se mélangeaient parfois religion, magie et médecine, ont été démontrés de façon scientifique, il y a peu, par des études portant sur la composition chimique de ces végétaux. Or les huiles essentielles, en concentrant ces principes actifs des végétaux, renforcent le pouvoir de ceux-ci. Mais qu’est-ce, exactement, qu’une huile essentielle ? On peut la définir comme une puissante substance aromatique, de composition complexe, qui renferme des éléments volatils et odorants, contenus dans les végétaux. Ce sont ces éléments qui aident à la guérison de nombreuses maladies. Comment obtient-on cette substance aromatique ? Le plus souvent, par distillation à la vapeur d’eau à basse température et basse pression. Cette technique permet d’extraire de la plante la plupart des principes actifs. Avant distillation, ceux-ci se nomment essence. Après, on parle d’huile essentielle. Seuls 10% des végétaux produisent une essence. Et si celle-ci, quand elle est présente, se trouve dans toute la plante, elle se concentre surtout dans un seul organe : racine, rhizome, bois, écorce, feuille, tige, fleur, sommité fleurie, graine ou fruit. C’est cet organe qu’on récolte pour obtenir l’huile essentielle. On distille donc les fleurs d’ylang-ylang, l’écorce de cannelle, les feuilles de niaouli ou les racines de vétiver. Attention, la composition de l’essence d’une plante diffère légèrement de celle de l’huile essentielle de cette même plante, car la distillation ne parvient pas à tout extraire du végétal. L’huile essentielle de menthe est facile à obtenir parce qu’on part des feuilles. Un feu doux légèrement irrégulier suffit. Mais des coups de chaleur un peu plus forts seront nécessaires pour parvenir à casser la structure d’une écorce et à en dégager ses plus grosses molécules aromatiques. Et encore, la plante ne libérera qu’une partie de celles-ci. » L’huile essentielle des Citrus (orange, bergamote, citron, mandarine) s’obtient, elle, par expression à température ambiante de l’épicarpe, la peau extérieure des fruits. Madagascar, tout au long de la production des huiles essentielles, accumule les atouts. D’abord, la rareté de certains végétaux. Le katrafay, extraordinaire antalgique, ne pousse que sur la Grande Ile. La qualité des végétaux importe aussi. Un ravintsara d’Inde a moins de principes actifs qu’un ravintsara d’ici. Autre atout, l’environnement. « Les terroirs exceptionnellement riches et divers de cette île ne connaissent pas de pollution comme dans les pays industrialisés, fait remarquer le cardiologue Lionnel Michat, dont les huiles essentielles malgaches sont commercialisées en Europe sous la marque « Les Aromagies ». Et les producteurs n’utilisent pas non plus d’engrais chimiques. Tout cela renforce les propriétés des végétaux100% naturels. » Le soin apporté à la culture des plantes compte aussi pour beaucoup. Quand, ailleurs, on aligne des arbres d’une seule espèce dans un champs, à Madagascar, on garde un environnement sauvage, où le ravintsara voisine avec l’eucalyptus globulus mais aussi avec des plantes et arbres non aromatiques. « Cet environnement sauvage est garant de la qualité du terroir, explique Jean-Claude Ratsimivony, le PDG d’Homéopharma, laboratoire connu pour ses huiles essentielles de grande qualité. Sinon, on perd la synergie entre les espèces. Or les plantes ont besoin de s’exhaler et de se ressentir. » Il faut écouter ce petit-fils de docteur en médecine, dépositaire des remèdes recueillis par son aïeul chez les guérisseurs, vous parler des plantes, de leur sensibilité, de leur stress avant un ouragan. Le temps de repos, qui permet à la plante de se régénérer entre les cueillettes, est aussi respecté. Il peut atteindre quatre ans suivant les espèces ! La récolte des organes végétaux se fait, elle, dans des sacs en jute ou en coton pour éviter toute macération. Un séchage partiel est nécessaire en cas de pluie afin de faire baisser la quantité d’eau contenue dans la plante. Et là, on ne fera sécher qu’un seul type de plante à la fois, pour éviter toute contamination et garantir les propriétés chimiques. Bref, les plantes sont traitées à la hauteur du trésor qu’elles constituent. Et ce n’est pas fini ! Leur distillation au feu de bois, la plupart du temps, constitue l’autre grande valeur ajoutée des huiles essentielles malgaches. Dans d’autres pays, on se contente de la chaleur très régulière du gaz. Or le feu de bois permet une variation de la température et conduit, on l’a vu, à une extraction plus complète. Car certains éléments de la plante, les grosses molécules, ne s’extraient pas avec une température constante comme celle du gaz. Pour se convaincre de l’importance de cette opération, il suffit d’observer les techniciens de la distillerie d’Homéopharma, à Ambile, sur le canal des Pangalanes. Les voilà qui s’affairent à rajouter des brandons au feu de distillation, puis à en retirer, pour provoquer cette courbe de la température tant désirée. Il faut d’autant moins gâcher le produit que les huiles essentielles sont un produit de luxe : elles nécessitent beaucoup de matière première. 390 kilos de fleurs de niaouli donnent seulement 2,2 litres d’huile ! A chaque région de la Grande Ile, ses huiles essentielles. Les hauts plateaux du centre, mosaïque de montagnes, de cuvettes, de plaines et de collines, fournissent celles de thym, d’eucalyptus, de cyprès, d’hélichryse, de géranium, de citronnelle, de basilic, de citriodora et de ravintsara. Dans l’Est du pays, que le déluge des alizés arrose régulièrement, poussent la girofle, le poivre, la cannelle, le lantana, le niaouli, le vétiver, le gingembre, la citronnelle, encore, et les baies roses. Sur les terres plus arides de l’Ouest, jusqu’au Sud, on récolte le combavas, le citron, le cinnamomum fragrens, ou mandravasarotra, et le santal. Le Nord, quant à lui, du côté d’Antsiranana et de la Montagne d’Ambre, regorge de plantes odorantes, comme l’ylang-ylang, le patchouli, le géranium, le basilic et le poivre vert. Cette profusion est d’autant plus précieuse qu’on a le choix entre des huiles unitaires et des complexes, ou mélanges, d’huiles unitaires. Ces mélanges d’huiles unitaires potentialisent les propriétés de chacune d’entre elles. Attention, jamais plus de quatre huiles cependant, au-delà, elles se neutralisent. Madagascar, écrin pour les huiles essentielles : c’est aussi vrai en dehors de la production proprement dite. Tout contribue, ici, au développement de ces remèdes. D’abord, parce que la culture des plantes nécessaires à ces huiles s’inscrit dans le cadre du reboisement de la forêt malgache. Quitte à reboiser, autant choisir des plantes odorantes. Et, autre avantage, le réservoir malgache de végétaux odoriférants est si vaste qu’on n’en connaît pas encore toutes les espèces ni, donc, tous les bénéfices qu’on pourra en retirer. La voie est libre pour la recherche, nationale et internationale. Enfin, ces huiles épousent un autre pan de la culture de la Grande Ile : le massage. Pas de chichis dans ces massages. A l’heure où l’on voit se développer toutes sortes de thérapies corporelles qui rivalisent d’exotisme et de snobisme, les Malgaches proposent un massage classique, le palper-rouler, énergique et doux, dont les effets sont accrus par les huiles de massage composées à 10% d’huiles essentielles. Il va sans dire que ce palper-rouler sera d’autant plus bénéfique que l’échange entre la personne massée et le masseur sera riche. Transmettre un massage est tout un art. Le recevoir aussi. On l’oublie souvent. Qu’ont-elles à donner, ces mains qui vous oignent d’huiles essentielles ? L’art de vivre malgache. Cette façon de considérer la vie avec calme et sérénité, appelée mora-mora. C’est, sans oublier le sourire des gens d’ici, la première source de bien-être de Madagascar.Encadré Dans les écolodges d’Homéopharma Homéopharma, laboratoire pharmaceutique agréé par le ministère de la Santé, se lance dans l’hôtellerie et propose des séjours de remise en forme en écolodges, avec découverte des terroirs malgaches fournisseurs d’huiles essentielles. Outre sa production de tisanes, de médicaments homéopathiques, de baumes et de produits de beauté, Homéopharma est aussi connu pour ses huiles essentielles d’excellente qualité, 100% pures et naturelles, certifiées biologiques par le très exigent organisme Ecocert. Il se propose donc de les faire découvrir dans des cadres naturels somptueux. Deux écolodges vous attendent, l’un sur la côte Ouest, à Mahajanga, et l’autre à Ambila, sur le canal des Pangalanes. Un troisième est en construction dans les environs d’Antananarivo. Le principe ? Une découverte in situ des plantes médicinales et aromatiques, et l’expérimentation, sur soi-même, de leurs bienfaits. Des randonnées pédestres dans les campagnes environnantes, encadrées par des botanistes, vous aideront à mieux connaître la richesse des végétaux. Dans les écolodges, vous serez ensuite massé aux huiles essentielles, vous profiterez aussi des bienfaits des plantes en infusion, en cataplasme et en balnéothérapie. Ajoutez-y une cuisine on ne peut plus diététique – les somptueuses langoustes sont achetées aux pêcheurs directement sur la plage – et vous devriez revenir en grande forme de ce séjour. Un dernier atout de ces vacances de bien-être : le cadre. A Mahajunga, le bungalow est soit à deux cents mètres du rivage, sur un promontoire avec une vue superbe sur la campagne environnante, soit sur la plage même. A Ambila, l’ancienne Saint-Tropez des colons, vous aurez le choix pour vous baigner entre l’eau douce du canal des Pangalanes et l’Océan Indien, dont les vagues vous masseront à leur façon. Pour tout renseignement : homeo@homeopharma.mg Tel : (261) 20 22 269 34. Guide pratique Profiter d’un massage aux huiles essentielles Antananarivo Hôtel Colbert. Dans son luxueux spa, le Colbert propose des massages aux huiles essentielles Terre Rouge. Au choix : relaxant, tonifiant, régénérant, énergisant, yin et yang, amincissant, anti-cellulite, anti-rhumatismal, turc. www.colbert-hotel.com Tel : (261) 20 22 625 71. Nosy Be Amarina Hôtel. Ce quatre étoiles a mis au point une formule spéciale pour les amoureux en lune de miel (diététique, massages) ! Autre service sympathique de l’hôtel : les femmes de chambre de l’hôtel ont été formées pour prodiguer, sur la plage, des massages relaxants aux clients. www.amarinahotel.com Tel : (261) 20 86 06 115. Nosy Be Hôtel. Le kiosque de massage est niché en pleine nature. Les effluves de frangipanier et d’ylang-ylang viennent vous enivrer de tous côtés. Vous avez le choix entre la réflexothérapie (massage des zones réflexes de la plante des pieds) et une séance d’ostéopathie. Devise de la maison : « Nous ne pouvons pas rajouter de jours à votre vie, mais nous pouvons rajouter de la vie à vos jours. » www.nosybehotel.com Tel : (261) 20 86 06 151 Et, bien sûr, les écolodges d’Homéopharma. Mais si vous vous trouvez dans une autre ville que celles citées ci-dessus, renseignez-vous pour savoir s’il y a une pharmacie-centre de santé Homéopharma. La plupart de ces centres proposent des massages aux huiles essentielles à prix modique. Se relaxer au milieu de la nature Parce qu’on peut profiter des bienfaits de la nature par un simple séjour en immersion au milieu des végétaux, voici deux lieux qui vous y aideront bien. Nature Lodge. Situé à Joffreville, dans la Montagne d’Ambre, à mi-chemin entre Antsiranana (Diego-Suarez) et le Parc national, cet hôtel offre une vue magnifique sur toute la baie de Diego et sur le canal du Mozambique. Mais, surtout, ses bungalows tout confort en bois, bambou et raphia, vous permettent de séjourner en pleine forêt et d’entendre les murmures, les chants et les cris des animaux depuis votre lit. Fascinant. www.naturelodge-ambre.com Tel : (261) 32 07 123 06. Soa Camp Sur le domaine de la Croix Vallon, 2500 hectares, à moins de deux heures d’Antananarivo, le voyagiste Boogie Pilgrim a conçu un camp de toile, en partenariat avec les propriétaires du domaine et l’ONG Fanamby pour la pratique de l’écotourisme. Au programme : visite des lieux de production d’huiles essentielles, balades dans l’un des derniers vestiges de forêt primaire des Hauts Plateaux, observation des oiseaux (82 espèces, dont 43 endémiques) et des lémuriens. www.boogie-pilgrim.net/anjozorobe.htm ou www.fanamby.org Tel : (261) 22 530 70.


 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046998

petit village des hauts plateaux

Madagascar - 01/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046976

Une fleur de frangipanier, son parfum puissant et sucré est utilisé notament dans l'huile de noix de coco .

Nosy Bé, Madagascar - 01/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046977

fleur de frangipannier dont l'odeur puissante et sucrée est utilisée en parfumerie.

Nosy Bé, Madagascar - 01/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0047030

Sur le marché de Mahajunga plantes à usage médicinal.

Mahajunga, Madagascar - 01/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0047000

Avant leur distillation les tiges de citronnelles sont écrasées afin de mieux liberer leurs aromes.

Antannanarivo, Madagascar - 01/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046965

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046996

Plantation bio sur les hauts plateaux. Au premier plan des aloes dont on extrait le suc.

Madagascar - 00/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046981

Au bord du canal des Pangalanes à Ambile, le bois necessaire à l'alimentation du feu constant de la distilation, est acheminé par barque.

Madagascar - 00/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0048254

Distilation à l'alambic en pleine brousse. Ambile, au bord du canal des Pangalanes.

Madagascar - 00/10/2005

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046973

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0047026

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0048255

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046978

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0048307

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0048256

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046992

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0048306

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046988

 

ritA Scaglia / Picturetank SCR0046990

 

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ritA Scaglia / Picturetank SCR0047009

 

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Madagascar - 00/00/0000

 

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